La loi de finances pour 2026 a modifié trois règles fondamentales du plan d'épargne retraite (PER). Les prélèvements sociaux passent de 17,2 à 18,6 %. La déductibilité des versements disparaît après 70 ans. Le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans. Pour les salariés comme pour les indépendants, ces évolutions imposent de revoir la stratégie de versement. Le PER reste malgré tout l'enveloppe la plus efficace pour préparer sa retraite tout en réduisant son impôt.
Trois changements fiscaux à intégrer dès maintenant
Pour comprendre la fiscalité du PER en 2026, il faut partir de la loi de financement de la Sécurité sociale et de la loi de finances votées en début d'année. Le premier changement touche les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % contre 17,2 % en 2025. La hausse provient d'une augmentation de 1,4 point de la CSG sur les revenus du capital. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) passe ainsi de 30 à 31,4 %.
Le deuxième changement concerne les versements après 70 ans. Depuis le 1er janvier 2026, ils ne sont plus déductibles du revenu imposable. Le législateur recentre le PER sur sa fonction première de préparation à la retraite et limite son usage comme outil de transmission patrimoniale. Les versements effectués avant 70 ans conservent leur régime fiscal inchangé.
Le troisième changement profite aux épargnants. Le report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans pour les sommes versées à partir de 2026. Les plafonds 2024 et 2025 non consommés restent soumis à l'ancien délai de 3 ans. Cette extension donne davantage de souplesse pour planifier ses versements sur le moyen terme.
La déduction à l'entrée, levier principal du PER
Le mécanisme reste identique : chaque euro versé sur un PER réduit le revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel personnalisé. Pour les versements effectués en 2026, ce plafond se calcule sur la base du PASS 2025 (47 100 €).
| Profil | Plafond minimum | Plafond maximum |
| Salarié / fonctionnaire | 4 710 € | 37 680 € |
| Travailleur non salarié (TNS) | 4 806 € | 88 911 € |
| Inactif / retraité (< 70 ans) | 4 710 € | 4 710 € |
L'économie d'impôt dépend directement de la tranche marginale d'imposition (TMI). Un versement de 10 000 € génère 3 000 € d'économie pour un contribuable à 30 %, 4 100 € à 41 % et 4 500 € à 45 %. Le plafond personnalisé figure sur l'avis d'imposition, rubrique « Plafond épargne retraite ». Les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs.
Sortie en capital ou en rente, deux fiscalités à distinguer
Le PER offre le choix entre une sortie en capital (en une ou plusieurs fois), une rente viagère ou un panachage des deux. La fiscalité diffère selon le mode choisi.
En sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Les plus-values subissent le PFU à 31,4 %. En sortie en rente, les pensions sont imposées comme des revenus de retraite après un abattement de 10 %, avec des prélèvements sociaux de 18,6 % sur la quote-part des versements volontaires.
Le choix entre capital et rente se décide à la retraite, pas à la souscription. Cette flexibilité reste un atout majeur du PER par rapport aux anciens dispositifs (PERP, contrat Madelin).
L'épargne salariale, un complément souvent sous-estimé
Le PER d'entreprise collectif (PERECO) autorise les versements issus de la participation, de l'intéressement et de l'abondement employeur. Ces sommes sont exonérées d'impôt sur le revenu à l'entrée et n'entrent pas dans le calcul du plafond de déduction. L'abondement de l'employeur représente un avantage direct, parfois équivalent à plusieurs milliers d'euros par an, qui reste méconnu de nombreux salariés.
Depuis 2026, les droits inscrits sur un compte épargne temps (CET) peuvent alimenter le PERECO dans la limite de 10 jours exonérés. Un levier supplémentaire pour les cadres disposant de jours de RTT non consommés.
Le PER conserve sa place au cœur de la stratégie retraite
Le système par répartition fait face à des tensions démographiques structurelles. Constituer une épargne complémentaire via le PER répond à un besoin qui dépasse la seule optimisation fiscale. Les 3 changements de 2026 ne remettent pas en cause l'avantage du dispositif. Un versement régulier, calibré sur le plafond disponible et la TMI, reste la stratégie la plus efficace pour articuler économie d'impôt et revenu complémentaire à la retraite.
Questions fréquentes sur la fiscalité du PER en 2026
Le PER reste-t-il intéressant avec des prélèvements sociaux à 18,6 % ?
La hausse de 1,4 point réduit marginalement le rendement net à la sortie. La déduction à l'entrée continue de produire une économie d'impôt immédiate bien supérieure pour les contribuables imposés à 30 % ou plus. Le gain net global reste largement positif.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Le déblocage anticipé est autorisé pour l'achat de la résidence principale (versements volontaires uniquement) et pour les accidents de la vie : décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire. La sortie se fait alors en capital avec une fiscalité adaptée à chaque cas.
